Projet du site Objectif-information
Depuis bien longtemps, avant que ne sévissent le mitterrandisme et le chiraquisme, une fermeture de la liberté de penser que l’on appelle aujourd’hui le « politiquement correct » commençait à prendre corps en France. Elle coïncidait avec le tournant antiaméricain de De Gaulle, ses discours du Québec et de Phnom Penh, et son annonce de 1967 que « la Vème république s'était dégagée, vis-à-vis d'Israël, des liens spéciaux et très étroits que le régime précédent avait noués avec cet État ».
Le « politiquement correct », c’est un large consensus « droite-gauche », une entreprise d’intimidation, l’interdiction de mettre en cause des vérités assenées d’un mouvement unique par tous les canaux de circulation des idées du pays (l’école, l’université, les média télévisés, la presse, la justice). C’est ainsi que Ségolène Royal stipulait un jour que « les enfants ne mentent jamais », préparant la tragédie d’Outreau. Quand Nicolas Sarkozy a pris la liberté de dire que les États-Unis étaient peut-être une nation amie de la France et que la diplomatie de notre pays avait fait preuve « d’arrogance » au moment de la guerre d’Irak, on lui signifia de toutes parts qu’il avait transgressé une des pierres angulaires de l’idéologie nationale et qu’il le paierait cher.
Inlassablement relayé, le « politiquement correct » exerce ses ravages sur toutes les couches de la société, de l’élite du pouvoir au plus modeste des citoyens, en passant par les bataillons innombrables d’intellectuels, d’artistes et de salariés du tertiaire, souvent en cours de prolétarisation. Il accuse tout à trac le libéralisme, le capitalisme, l’impérialisme, le sionisme, la mondialisation. Il n’a pas eu de qualificatif trop sévère pour désigner Georges W Bush et les néo conservateurs ou Ariel Sharon l’Israélien, et il a étendu sa vindicte à Sylvio Berlusconi, José Aznar, Tony Blair, … Par contre, il s’incline devant Fidel Castro, Yasser Arafat, Hugo Chavez, etc. Il est très mesuré sur le terrorisme, « des humiliés poussés à bout », sur l’islamisme « l’Islam est la religion des pauvres », quasiment muet sur la radicalisation anti-française dans les banlieues, des jeunes « discriminés et abandonnés à eux-mêmes ».
Le « politiquement correct » est la couverture idéologique du retournement contre nature qui veut faire jouer la France à front renversé depuis des décennies : cette terre natale du libéralisme, cette vieille nation industrielle et marchande, est astreinte à prendre place aux côtés des forces qui ont juré la perte de l’Occident « impérialiste » et de ses valeurs. Dans un premier temps les soviétiques, depuis les régimes arabo-musulmans, avec leur visage "modéré" ou terroriste selon les circonstances.
Avec le chiraquisme, les traits funestes de la politique et de la pensée unique française ont été poussés jusqu’à la caricature. La fureur de l'engagement du président dans la guerre terroriste d’Arafat et dans la préservation du régime de Saddam Hussein, sa volonté de préserver les rentes des groupes sociaux privilégiés et de répartir la misère pour avoir les mains libres en politique internationale, ont mené le pays au bord de la guerre civile, épuisé l’économie, et démoralisé le peuple.
Quel que soit le futur président, la France va mettre des décennies à se relever de cet engagement dans une voie contre nature, comme des compromissions, de la corruption, et des turpitudes des quatre dernières présidences. Il ne s’agit pas tant d’économie ou de niveau de vie, que d’identité, de cohésion nationale, d’un regard sur l’Histoire, d’un décryptage rationnel des lois qui président au progrès de la richesse, de l’emploi et de la technique. La spirale de la pauvreté et du sous-développement guette, non par manque d’énergie, de compétences ou d’aptitudes, mais par une incapacité à situer son appartenance civilisationnelle, à identifier les périls, et penser l’avenir.
Objectif-information veut être l’un des points d’entrée d’une pensée en rupture radicale avec le vieux « politiquement correct », « une petite roue, une petite vis » du mécanisme de son renversement. Il veut être un espace de débat, parce que les visions mettront du temps à converger. Il veut être un espace de formation parce qu’il faudra se défaire des fausses évidences franco-françaises qui interdisent de comprendre les enjeux internationaux, le fonctionnement de la société et les lois de l'économie. Il accueillera toutes les contributions qui s’inscrivent dans son orientation. Il attend avec confiance d’indispensables collaborations et soutiens.